23. Sep 2015

TEXT VON

Séverine Saas

FOTOGRAFIEN VON

Sébastien Agnetti

Dans le dressing de Charlotte

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Galerie

Charlotte, Cap au nord

Plongée dans l’univers minimaliste d’une amoureuse de la Scandinavie.

Il émane d’elle un mélange de timidité et d’insouciance. Une sorte de fragilité assumée qui la rend touchante. Dans son appartement, un cocon calme et feutré où la lumière du jour se déverse généreusement, Charlotte Burnens nous accueille pieds nus. Sans protection. Avec son mom jean et son débardeur noir, ses grands yeux verts et sa peau diaphane, cette coiffeuse lausannoise de 25 ans ressemble à ces jeunes Scandinaves à la sobriété ultrabranchée. Pour celle qui se dit complètement «amoureuse» de Stockholm et de Copenhague, c’est évidemment un compliment. «Il y a chez les gens du Nord une retenue qui me plaît et dans laquelle je me retrouve. En plus, ils sont beaux!» s’enthousiasme-t-elle.

Dans ses armoires comme dans la vie, Charlotte cultive la discrétion nordique. «J’aime m’habiller, mais pas pour me faire remarquer.» Allergique aux couleurs criardes, elle privilégie le gris, le bleu marine, le noir ou le blanc. Une austérité chromatique qui s’accompagne d’une obsession pour les pièces fonctionnelles et intemporelles: un grand manteau masculin, des marinières, des jeans American Apparel, des tops de chez Cos, de gros pulls en laine signés Samsøe & Samsøe ou encore une jupe plissée trouvée chez Chabada Vintage, à Lausanne. Notre hôtesse accumule aussi les t-shirts Petit Bateau et a développé une forme rare d’addiction à la marque Acne, véritable étendard du style «à la suédoise». Son péché mignon reste les baskets, beaucoup plus confortables que les talons pour arpenter le monde. Son best of? Comme des Garçons, Stan Smith, Common Projects et Eytys.

Fidèle à son style antitapageur, la belle ne porte sur ses épaules que des cabas en toile, témoins éphémères de ses aventures urbaines. Il y a bien ce sac en cuir bleu marine à chaîne dorée déniché dans une friperie de Manchester, mais Charlotte l’arbore davantage comme un bijou, elle qui ne s’autorise que des bagues «de temps en temps». En matière de décorum, ses sept tatouages suffisent. Une plume, une fusée ou la lettre E comme Elliot, son fils de 3 ans, chaque dessin incarne une relation importante dans la vie de cette éternelle romantique. Les seules véritables fantaisies de Charlotte se trouvent au niveau des cheveux, qu’elle n’hésite pas à teindre en rouge, en rose, en brun et, dernièrement, en gris cendré.

Côté déco, retour à un minimalisme maximum. Dans l’appartement de Charlotte, la moquette gris anthracite semble n’avoir qu’une seule fonction: mettre en valeur les meubles fifties chinés à la boutique de mobilier vintage Pryma ou chez Chic Cham, toutes deux à Lausanne. Un banc en teck, un meuble USM ou une grande table ronde de la marque danoise Hay, des meubles aux lignes sobres qui laissent s’exprimer les motifs plus complexes des tapis noir et blanc ou le jaune vif d’un plaid. D’autres détails rappellent la «scandinaviemania» de la maîtresse des lieux: une affiche ramenée d’une galerie d’art à Stockholm, un chandelier en cuivre tubulaire ou encore ce sac en papier rose de la boutique Acne, exposé sur une commode comme un bibelot précieux. Seul intrus au milieu de cet intérieur épuré, une chaise à poils beiges achetée dans une brocante. Preuve que, dans cette maison, on aime la simplicité sans se prendre au sérieux.