23. Apr 2018

TEXT VON

Francesca Serra

FOTOGRAFIEN VON

Lea Kloos

Dans le dressing de Coccole Jarvis, blogueuse au charme suave

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Mode, voyages et indolences, voici la dolce vita qui nourrit l’univers de la blogueuse Nicole Jarvis.

Galerie

Tout commence avec le courage d’un père décidé à donner un nouveau tournant à sa vie, embarquant sa petite famille avec lui aux Emirats arabes. Nouveaux horizons, nouveaux pays, nouvelles cultures, Nicole a goûté dès son plus jeune âge à cette ouverture au monde, cet appétit de liberté et de rencontres. Sa cellule familiale déjà multiculturelle, avec une mère colombienne et un père anglais, s’habitue à ce rythme de voyages et de changements radicaux. Unique point d’ancrage, leur maison près de Madrid. C’est là que Nicole rassemble peu à peu sa collection de magazines de mode. Dans sa bibliothèque se trouvent de nombreux numéros anciens dans lesquels elle contemple le chic classique, dont des femmes à l’allure mythique comme Grace Kelly ou Audrey Hepburn sont l’emblème.

C’est exactement cette passion pour l’élégance intemporelle qui crée la matière pour son blog Coccole Jarvis, dont le premier mot emprunte le terme italien qui signifie «câlins», car ses posts font office de cahier à la fois de mode et de pensée positive. C’est la même passion pour le classique qui nourrit sa garde-robe de chemises blanches, chapeaux – elle en a environ 70 – et blazers. «Le blazer est sans aucun doute la pièce de base que j’arrive à décliner le plus souvent dans mes looks. Il n’y a pas si longtemps, j’ai aussi trouvé dans l’armoire de ma grand-mère colombienne non seulement des jupes crayon mais aussi un veston croisé. Ces pièces vintage correspondent exactement à ce que j’aime porter! Un blazer croisé, un pantalon fluide taille haute, un body et des talons, voilà ma tenue idéale pour sortir.» Dans les souvenirs de trouvailles vintage, Nicole se remémore aussi sa virée dans le magasin What Comes Around Goes Around à Los Angeles. Dans ce temple du second hand se nichent des trésors d’archives des grandes marques, des robes magnifiques «que tu voudrais enfiler et ne plus enlever, quitte à dormir avec», plaisante-t-elle.

«La mode est une question absolument subjective, intime, indissociable de notre ressenti.»

Son approche de la mode s’avère simple et instinctive. «La mode est une question absolument subjective, intime, indissociable de notre ressenti. En tout cas il ne faut pas la prendre pour une chose trop sérieuse. Je dois à ma mère le fait d’avoir appris très vite à m’habiller selon mon vrai moi et non pas avec le but d’impressionner les autres. Je compose à partir de mes envies et mes humeurs en essayant plein de styles différents pour voir ce qui me va. A l’opposé de ce que font communément les gens, je porte des couleurs quand je ne suis pas très en forme, alors que plus je me sens bien, plus je m’habillerai avec des couleurs foncées.»

Si Nicole sait prendre du recul, son engagement demeure plutôt intense. Elle vient de collaborer avec la marque Clarins, qui l’a choisie comme visage du printemps pour la Suisse, et elle a également posé pour les bijoux Swa­rovski ainsi que pour les montres de Tweed Co., nouvelle marque lancée par un duo d’horlogers neuchâtelois. Parmi les designers émergents dont elle se fait ambassadrice, elle affectionne particulièrement la touche irrévérente et légèrement rétro de la griffe madrilène The Stoat ainsi que la sophistication de la new-yorkaise Julianna Bass. La belle saison nourrit de nouvelles envies: enfiler un grand chapeau de paille, comme ceux signés par Lola Hats, ou craquer pour les bodys sensuels d’Elb Handmade. Preuve que les grandes divas du passé ne sont jamais très loin dans son imaginaire fashion.