07. Mar 2017

TEXT VON

Margaux Meyer

Dans le dressing de Deborah

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Galerie

ROCK’N’FOLK

Deborah ou l’art maîtrisé du métissage.

Le corail est sa couleur préférée. «C’est la passion et c’est le feu.» On n’en attendait pas moins d’une fille qui passe une partie de sa vie aux Caraïbes, qui adorerait aller à Cuba et qui a pour moitié du sang guatémaltèque. Deborah Meier est cette fille, longue brune au teint et au sourire solaires qui illumine tous les matins d’hiver, et qui a fondé en 2015, avec sa sœur jumelle, la marque Exuma Bags, du nom d’une île des Bahamas. Ces pochettes en daim de couleurs gaies, découpées comme une enveloppe et agitées de pompons multicolores, ont conquis les fashionistas de Suisse romande, mais pas seulement.

Aujourd’hui à Genève, où elle a grandi et fixé son domicile, Deborah était hier à New York, pour lancer son label en Amérique, et auparavant aux Bahamas pour des vacances en famille. Le voyage est une source infinie d’inspiration pour cette jeune femme au chic fun, désinvolte et coloré. Ouvrir ses armoires, c’est s’offrir un tour du monde avec beaucoup d’escales dans des terres insulaires où sable blanc, eaux turquoise, ciels d’azur et brises légères se donnent le mot pour jouer une musique parfaitement accordée. Le vestiaire de Deborah est en harmonie totale avec cet esprit des îles: des robes longues et vaporeuses, tout droit sorties d’un été à Ibiza en 1972 ou peut-être 1975; des pantalons pyjama signés Missoni; des blouses et des vestes aux inspirations folkloriques et ethniques. «C’est vrai que je préfère m’habiller l’été», avoue-t-elle. On a cru comprendre. A voir sa collection de minaudières, d’escarpins or et argent, on devine que Deborah aime aussi les longues soirées festives, et danser jusqu’au bout de la nuit. De jour aussi, la créatrice porte franges, miroirs appliqués, broderies, pompons et pampilles avec un naturel déconcertant, orchestrant le tout sans fausses notes. Deborah a le sens inné du métissage et sait toujours trouver les points d’équilibre, sans en faire trop ni pas assez: «J’aime porter un jean noir troué, un top basique blanc ou noir, des bottines et un collier ethnique.» Sa boîte à bijoux fleure bon les parures exotiques: chapelet du Tibet et colliers ramenés d’Inde. Il y a aussi une manchette Hermès, des parures Van Cleef & Arpels, et du H&M.

«J’ai appris à jouer de la guitare sur la plage.»

Au premier rang des figures qui l’inspirent se trouve sa mère, «et son goût très sûr», mais aussi Diane von Fürstenberg, pour sa féminité et son indéfectible optimisme. Deborah semble également être de cette trempe-là, et avancer dans la vie avec autant de détermination que de légèreté, un brin rock, l’autre folk. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si en plus de la mode, elle nourrit aussi une passion pour la musique. En témoignent les guitares qui, au sol et aux murs, habillent son appartement. «J’ai appris à jouer sur la plage», nous raconte-t-elle alors que l’ambiance sonore nous transporte au Brésil avec une bossa-nova teintée de jazz. Sans perdre le nord, Deborah garde toujours un pied dans l’hémisphère sud.