04. Dec 2017

TEXTE DE

Francesca Serra

Danitsa en concert à l’Usine

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Epatante par sa présence et sa versatilité, Danitsa revient sur le devant de la scène grâce à un nouvel album férocement jouissif. Elle sera en concert ce jeudi à Genève à l’Usine. Son portrait paru dans notre dernier Bolero.

Sa beauté troublante résulte de l’heureux mélange de ses origines congolaises, tchadiennes, espagnoles, serbes et françaises. Ce condensé de métissage est un des facteurs qui contribuent à son charisme: 21 ans, mais un regard perçant et une niaque d’enfer, Danitsa a grandi entre l’oreille avisée d’un père producteur de reggae et les sonorités funk et soul de sa mère. Née à Paris et arrivée à Genève à 14 ans, elle a pu démarrer sa carrière grâce à des enregistrements dub sous la houlette du duo genevois Little Lion Sound. De là, les collaborations se sont succédé naturellement, au gré des affinités musicales.

Après avoir prêté sa voix à de nombreux featurings, notamment pour des fers de lance du renouveau du rap suisse tels que Di-Meh, elle a attiré l’attention de Darryl Zeuja, rappeur français et patron du label Jihelcee Records, sous lequel elle signe son premier EP. Sorti en 2015 sous le titre Breakfast, il se compose de sept morceaux flirtant aussi bien avec le hip-hop, le reggae que la soul. Alors que de nombreuses revues et plateformes spécialisées dans le reg-gae essayent de la classer dans leurs bacs, la jeune artiste a toujours manifesté un penchant pour les sonorités hétéroclites.

Dans son tout dernier album, produit par Evidence Music et intitulé Ego, elle ondoie aisément entre hip-hop, dancehall et trap. Si on retrouve souvent son léger accent jamaïcain qui est sa marque de fabrique et qui lui vient de ses nombreux voyages, le spectre de sa voix y est élargi grâce à ses interprétations. De l’implacable piste trap Remember Me aux basses puissantes de Bad Luck, on se laisse transporter par les humeurs tantôt charnelles tantôt combatives de cet opus. Dans cette palette musicale, Bachata et Hoover sont des pics de sensualité venus décongeler vos sens hibernés, mais l’ironie n’est jamais très loin. Comme dans Repo Man qui se moque de tous ceux qui investissent le peu qu’ils ont pour leur dose vitale de bling-bling.

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