Cover_Kristine

26. Aug 2015

TEXTE DE

Estelle Lucien

PHOTOGRAPHIE DE

Sébastien Agnetti

Dans le dressing de Kristine

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Galerie

Entre esprit «boyish» et classe intemporelle, la belle nous ouvre les portes de ses armoires.

Tout en jambes, Kristine et son mètre quatre-vingt nous ouvrent la porte en mini-short, débardeur, espadrilles en cuir et cheveux wild. A la cool mais avec grâce. On se demande d’où pourraient bien provenir ces yeux hésitant entre le bleu et le vert… «Mes yeux changent de couleur en fonction de la lumière, mais surtout selon mon humeur», lance-t-elle dans un grand éclat de rire. Son regard caméléon, dessiné en amande, elle le doit à ses origines tchèques et à un grand-père inconnu «venu de Mongolie ou du Kazakhstan, on n’a jamais vraiment su»… Un physique atypique et impressionnant, qui fait parfois passer la belle pour une âme hautaine, à mille lieues de sa personnalité volubile, altruiste et tellement joyeuse.

«Côté déco, elle pousse le vice vers le bizarre avec sa collection de curiosités.»

D’ailleurs, Kristine aime flirter avec les paradoxes. Elle travaille pour une grande maison de luxe, mais exècre tout ce qui flashe ou qui «blingue». Avec son physique de top international qui peut entrer dans la plus mini des jupes, elle adore pourtant «shopper» au rayon garçons. Dans son dressing, point de strass ni de mièvrerie sur les accessoires, mais plutôt de grandes besaces fourre-tout en cuir de qualité, comme ses multiples Muse griffés Saint Laurent, son big Givenchy, son Tom Ford, acheté sur un coup de cœur «à cause de son mégazip», son sac de voyage Vuitton hommes qu’elle utilise au quotidien, ou encore son immense Bally. Au fond de l’armoire, on devine un… Chanel (qu’elle ne porte presque jamais, si, si, c’est vrai) perdu au milieu de ce qui ressemble fort à une forme avancée (mais néanmoins très répandue ici-bas) de dépendance aux sacs et aux belles matières. Rayon chaussures, la belle ne faiblit pas, et si, de par sa taille, elle ne porte que rarement des talons hauts et aime la coolitude de ses Stan Smith ou de ses baskets BE&D, elle craque facilement pour des bottines Sigerson Morrison, des spartiates dorées Miu Miu façon prêtresse grecque ou des escarpins Isabel Marant achetés sur un coup de tête nostalgique, car ils ressemblaient aux souliers de sa mère dont elle rêvait petite… Pour ses achats, Kristine ne fonctionne pas au compulsif mais à l’émotionnel. Si la jeune femme se saigne de temps à autre pour se payer une pièce de dingue, comme ce mouton retourné Acne absolument ravageur, elle ne rechigne pas à écumer les étals de Zara ou de H&M, pourvu que puissent émerger au final sa propre personnalité et son style, en balade entre le boyish, l’intemporel, la classe et une pointe d’humour. Parce que «l’humour sauve de tout dans la vie», lâche-t-elle, l’œil espiègle.

Pour son intérieur, Kristine se mue en fada des luminaires et s’est offert des lampes de designer et des spots de cinéma vintage, comme son sublime Cremer ou sa Pipistrello. Côté déco, elle pousse le vice vers le bizarre avec sa collection de curiosités régulièrement enrichie d’œufs d’autruche, de poissons préhistoriques empaillés, de carapaces de tortues, de crânes, de têtes d’oiseaux et de cornes en tout genre. Au moment de prendre congé, on remarque que, chez Kristine, on trouve beaucoup de kaki, de noir, de beige et de blanc… Car, au fond, si la blonde ne ressent pas le besoin de porter des couleurs vives, on vient de comprendre que c’est parce qu’elle les porte en elle… Un paradoxe, on vous dit!

 

Texte Anaïs Thévoz

Photographie Sébastien Agnetti