12. May 2017

TEXTE DE

Francesca Serra

PHOTOGRAPHIE DE

Sébastien Agnetti

Dans le dressing de Laureline

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Laureline, pluritalent
Entre communication, musique et illustration, elle promène son style sobre, joyeux et décomplexé.

Galerie

Treize heures. La lumière baigne généreusement la pièce. Nous bavardons assises sur de belles chaises de bistrot en bois, touche rétro dans la cuisine moderne. Laureline dévore sa salade alors que nous examinons les photos qui ponctuent copieusement l’appartement. «The wall of love», plaisante-t-elle d’un ton faussement solennel avant de me dévoiler ses calepins. On retrouve l’autodérision de son personnage Jeannette, sorte d’alter ego qu’elle dessine par pur plaisir depuis 2009. «J’ai toujours eu beaucoup de facilité avec le dessin et à un certain moment j’ai eu envie d’en faire un moyen d’expression. J’ai demandé conseil à une amie styliste et illustratrice (Caroline Cherbuin) et elle m’a simplement dit: «Dessine ce que tu vois!» De profil et ébauchée d’un trait fin et délicat, telle est la silhouette de Jeannette, humeurs inconstantes et chevelure vaporeuse, dont Laureline a publié les vignettes humoristiques sur un blog personnel jusqu’en 2014. Son personnage, éclair de féminité et douceur, continue de vivre dans ses carnets et lors de petits mandats d’illustration.
En septembre dernier, Laureline s’est lancée dans une autre aventure, le blog Sisters From Another Mother qu’elle anime en binôme avec Tania, avocate férue de mode. Ensemble, elles invitent à découvrir designers et entrepreneurs suisses, proposent également des recettes de cuisine ou des lieux intéressants. A l’affût de bonnes idées à partager, ce blog célèbre avant tout les belles rencontres, à commencer par la leur. «Dès que nous nous sommes rencontrées, il y a maintenant dix ans, Tania a tout de suite envisagé cette collaboration. Puis notre amitié n’a cessé de grandir et j’ai laissé mûrir cette envie en moi jusqu’au déclic fatidique. Pour ce projet, notre règle maintenant est Go with the flow!» s’exclame-t-elle avec un grand sourire. Avant de nous expliquer: «Pour ce blog, nous ne nous imposons aucune règle sauf celle de promouvoir exclusivement nos coups de cœur. Nous alimentons ce blog en plus de nos boulots respectifs.»
A 31 ans, Laureline s’épanouit dans son travail à l’Opéra de Lausanne. Ayant baigné dans la musique dès son plus jeune âge et formée au violon, elle s’y sent comme un poisson dans l’eau. «J’aime faire découvrir l’opéra aux gens qui ignorent qu’ils adorent l’opéra! Il y a bien évidemment des idées préconçues qui perdurent mais la dose d’émotions que cela peut procurer si on est capable de se laisser aller et d’exercer l’oreille est inépuisable. Chaque spectacle se renouvelle avec des productions et des solistes différents. On peut connaître le répertoire sans ne jamais voir ni écouter la même chose.» Lors de représentations, le dress code reste assez strict. En choisissant parmi des robes noires, elle a donc cultivé un goût prononcé pour les jeux de matières, dosant les transparences et les dentelles par exemple. Cette même sobriété recherchée, elle l’applique à ses tenues de tous les jours. «Mon style est assez classique donc tout se joue dans les détails.» Un pull? Avec des boutons sur le dos. Une tenue jeans et haut blanc trop neutre? Il suffit de la «pimper» avec un manteau rouge pétant. Un foulard? A porter comme ceinture ou comme bracelet. Dans sa garde-robe, les grandes griffes côtoient les marques plus abordables, ou locales, et éthiques en priorité. C’est le cas des bijoux vendus sur la plateforme Vera Jewelry, qui fait la part belle aux designers philippins contemporains.
Ce qui étonne le plus chez Laureline réside dans sa beauté versatile. De la sophistication d’une robe noire en dentelle au casual printanier et fleuri, elle se meut d’un pas gracieux. Ce n’est pas une surprise de l’entendre citer Audrey Hepburn, mythe parmi les mythes, qui lui correspond au-delà de son élégance couplée de fraîcheur.