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10. Oct 2017

TEXTE DE

Francesca Serra

PHOTOGRAPHIE DE

Lea Kloos

Dans le dressing de Ljubinka

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Avec brio et pragmatisme, Ljubinka Puric entend apprendre aux femmes à tenir les rênes de leur garde–robe. Elle nous dévoile la sienne 

Galerie

Nous retrouvons Ljubinka Puric par une belle journée de soleil dans sa petite maison qui admire son reflet dans les eaux de Lutry. La lumière baigne son nid douillet et extrêmement sobre, ponctué par les teintes délicates de rose et de gris pâles. Rodée dans le marketing et travaillant depuis longtemps dans une agence lausannoise bien connue, la jeune femme vient de lancer son projet personnel de conseil en image. «Etre entourée par des personnalités créatives m’a sûrement motivée à franchir le pas. Si mon agence se consacre au branding pour des entreprises, je me suis rendu compte qu’il était possible d’appliquer une approche similaire à l’image d’une personne. C’est pour cette raison que je préfère parler de personal branding au lieu de conseillère en image.» En capitalisant sur ce qu’elle aime déjà, et après avoir suivi des cours pour se perfectionner, elle accueille aujourd’hui des clientes désireuses de changer ou de perfectionner leur look.

D’abord, elle étudie, selon leur tonalité, leur luminosité et leur chaleur, les couleurs qui vont le mieux à la personne. De là, elle fabrique un nuancier personnel, qui n’interdit aucune teinte, mais identifie une hiérarchie des plus valorisantes à celles à utiliser avec parcimonie. La deuxième étape consiste en un rendez-vous, qui prend en compte la morphologie de la personne pour identifier les coupes de vêtements les plus adaptées. Ces éléments plutôt concrets, elle les harmonise avec les aspects rattachés à la personnalité pour réaliser un book qui sert de guide de style personnalisé.

Pour moi, il n’y a pas de règle mais plutôt des astuces

Autant son processus est rigoureux, autant Ljubinka est allergique à une vision gée des choses. «Si j’ai suivi des cours pour poser des bases solides pour ma nouvelle activité, j’ai aussi fait le tri de certains préceptes que je ne partage pas. Pour moi, il n’y a pas de règles mais plutôt des astuces. Plutôt que les inter- dits, mon approche n’oublie jamais le côté ludique de l’habillement, qui est pour moi une arme puissante dont on peut se servir.»

Effectivement, il est impossible de nier l’aspect psychologique qui subsiste derrière notre relation aux habits et à la perception de notre propre corps. Parmi les gures féminines qui l’ont influencée, elle cite instinctivement Cristina Cordula, la présentatrice connue en France comme la reine du relooking. Une de ses fameuses émissions s’intitule Nouveau look pour une nouvelle vie, comme pour mieux appuyer cette dimension d’empowerment liée à une image po- sitive de soi. Or, avant même le pouvoir de transformation que peut engendrer le fait d’être mieux dans ses habits, pour Ljubinka, il s’agit plus pragmatiquement de se faciliter la vie de tous les jours.

«J’ai pu tester cette méthode sur moi- même qui suis une ancienne acheteuse compulsive, nous confie la jeune femme aux origines serbes. En facilitant mes choix, je gagne à la fois du temps et de l’argent.» Fini les tas d’habits qui s’en- tassent inutilement dans nos armoires et qu’on ne portera jamais. Révolu le temps de longues hésitations devant le miroir avant de sortir. Banni le total look dernière tendance copié-collé de grandes affiches placardées en ville. Du bon sens et un peu de self-control, «presque toujours», sourit Ljubinka, pour qui même les achats compulsifs sont finalement des souvenirs du bon temps passé avec ses copines ou son amoureux.

Avec chaque pièce rangée comme dans un peloton militaire et les débardeurs bien droits sur les cintres, son dressing a des airs de boutique de luxe. Les robes longues y côtoient les blousons casual et sa collection de bottines couplée de quelques perfectos le parsème d’accents rock subtils. Pour naviguer parmi ces différents registres vestimentaires, elle garde toujours à l’es- prit le principe premier, celui de d’indulgence. «S’habiller consiste avant tout à valoriser nos points forts, alors que les femmes ont tendance à se focaliser sur ce qu’elles n’aiment pas et à alimenter une liste interminable d’imperfections supposées.»