08. Aug 2018

TEXTE DE

Francesca Serra

PHOTOGRAPHIE DE

Lea Kloos

Dans le dressing de Mercredie

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Butineuse de mode, son élégance réside dans son naturel. Tout y est simple, même l’extraordinaire. Priscillia est la jolie demoiselle qui tient le blog mercredie.com et qui nous ouvre ici son vestiaire! 

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Quand on a tout d’une nymphette, avec des jambes interminables de sauterelle, une taille 34 et un sourire angélique, il est sûrement plus aisé de s’amuser avec les palettes disparates que la mode nous offre, mais, pour comprendre la relation de Priscilla à l’habit, il faut remonter à la matrice. Fille d’une passionnée de mode qui savait oser les coupes et les couleurs, elle s’est retrouvée superlookée depuis la maternelle. «Petite, ma mère m’accoutrait déjà avec des tenues incroyables. Je me souviens même d’un ensemble coordonné robe et parapluie. Les autres mamans l’arrêtaient très souvent pour savoir où elle avait déniché ces pièces.» Douée pour la couture, elle était aussi en mesure de lui confectionner des habits sur mesure. Priscilla se remémore encore les samedis après-midi dans les boutiques de tissus au milieu des rouleaux colorés et des grands mètres en bois qu’on utilisait pour les mesurer.

Au milieu de ces souvenirs qui ressurgissent, nous essayons de trouver une faille, une période vestimentaire qu’elle pourrait aujourd’hui désavouer. «Dans la catégorie importable, je pourrais citer mon look d’adolescente, avoue-t-elle. A l’époque, je respectais la trilogie magique pantalon baggy, tank top et baskets de skate. A l’image de Gwen Stefani au temps du groupe No Doubt ou de Pink au début des années 2000.»

On peut vraiment tout faire avec un 501!

Pour elle, le vestimentaire demeure du registre de l’instinctif, sans credo particulier, à part celui de disposer d’une solide panoplie de basiques, parmi lesquels figurent ses jeans Levi’s 501. «Un jean Levi’s, avec un t-shirt simple en coton, représente en quelque sorte mon uniforme. Je dois en avoir une dizaine: des bruts, des décolorés, des noirs, des longs, des shorts, des découpés, des très moulants, des plus boyfriend. On peut vraiment tout faire avec un 501!» Sa petite manie de customisation consiste à découper automatiquement les ourlets pour les laisser bruts et légèrement effilochés. Elle se plaît également à nouer les t-shirts pour leur conférer une touche plus féminine.

Autre fidélité à relever, la couleur noire, encore et toujours, et l’admiration pour son ambassadeur le plus éminent, Yves Saint Laurent. Celui qui a à jamais gravé les esprits avec ses mythiques smokings représente une référence immuable avec son vocabulaire radical, épuré et intemporel. «Pour moi, ses créations ont toujours incarné le chic français avec un twist rock», profère Priscilla sous le regard nébuleux d’un Jimi Hendrix sur papier.

En matière de shopping, elle ne témoigne aucune fidélité aux marques ni aux boutiques car elle butine online. «Je n’ai pas vraiment d’attache avec mes fringues et n’hésite pas à les revendre quand je m’en lasse ou lorsque je viens de craquer pour une nouvelle pièce. Après avoir acheté mon perfecto Balenciaga par exemple, je me suis séparée de toutes mes autres vestes en cuir. Aujourd’hui, je shoppe tout sur internet, du neuf et parfois du seconde main, mais pas dans un esprit de friperie ou de frénésie vintage. En cherchant une pièce qui n’était plus distribuée depuis quelques années, je suis tombée sur le site Vinted, une plateforme qui permet de vendre et acheter sans frais de commission.» Elle sait se décider rapidement et, en quelques clics, elle satisfait ses envies en investissant le temps minimum. Spécialisée dans le branding, elle travaille à temps plein dans la communication, prêtant ses antennes pour capter et traduire les tendances pour les grandes marques. Toutefois, c’est sur un ton de sororité bienveillante et non pas d’experte prescriptrice qu’elle tient depuis plusieurs années son blog mercredie.com, histoire de partager coups de cœur et états d’âme, avec sa fraîcheur inégalable. Elle arrive tout de même à ne pas se faire aspirer par le vortex de la surconnexion ambiante. Comment? Dessin et peinture l’aident à rentrer dans sa bulle et agissent comme un ancrage immédiat, car, nous le savons tous, le bonheur est seulement dans l’instant présent.

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