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21. Dec 2015

TEXTE DE

Estelle Lucien

Dans le dressing de Marietta

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Galerie

LES 1001 VIES DE MARIETTA

Chez elle, du living–room à la cuisine, en passant par son dressing, tout respire la célébration de la vie.

L’effet Marietta est une chimie dont elle seule a le secret. Pourtant, et c’est encore mieux, elle a le charme de celles qui n’ont pas à s’en préoccuper. Généreuse et hédoniste, battante jusqu’au plus profond de l’âme, elle prend la vie comme elle vient. Les hauts, les bas, elle connaît. Elle a appris à les accueillir avec philosophie plutôt que fatalité.

Marietta, on ne peut que l’aimer. Sa beauté éclatante et sa grâce envoûtent autant que son accent autrichien fait fondre. D’ailleurs, sa façon irrésistible de raconter les histoires n’est pas sans rappeler le phrasé de Karl Lagerfeld, selon certains. Bien connue des rédactrices beauté, cette lady a officié avec panache et dans un style unique en tant que directrice de la communication chez Shiseido. Fin 2015, après des années de bons et loyaux services, elle tourne la page. Mais, attention, elle n’a pas dit son dernier mot pour autant! Chez cette baroudeuse urbaine, une aventure en chasse une autre. Si tout brille sur son passage, elle n’a jamais eu de plan de carrière. Son unique moteur est son instinct, et son inspiration, elle la puise dans les liens de l’amitié. Un large sourire aux lèvres, elle se souvient avec passion de ses jeunes années à Vienne,quand elle travaillait dans la recherche et analyse de stupéfiants. «C’était très excitant, j’aime la chimie! Et j’étais la seule femme, à l’époque, dans ce domaine exclusivement masculin.» Evidemment, son tempérament ne lui laisse pas le temps de s’ennuyer. Aussi, lorsqu’elle a fait le tour de la question, elle est partie à Munich pour travailler chez un éditeur allemand. «C’était génial, j’étais une chasseuse de talents! J’ai découvert des auteurs
fabuleux à New York et partout dans le monde», se rappelle-t-elle, les yeux remplis d’étoiles.

«J’étais chasseuse de talents à New York»

A son image, l’appartement dans lequel elle vit avec son mari, Henri-Jack, est un savant mélange de bon goût, de pièces maîtresses du design et de confort. En commun, ils ont la passion de l’art. Pourtant, le duplex en vieille ville, avec vue sur la rade de Genève et le jet d’eau, n’a rien d’un musée aseptisé. Au contraire, il est vivant et très accueillant. On retrouve cette même approche pour ses vêtements. Son dressing a beau abriter une impressionnante collection de créations griffées, elle ne leur voue aucun culte. Pour elle, ils sont faits pour être portés, pour se sentir à l’aise dans ses mouvements. Ne pas craindre l’usure du temps mais fuir l’aspect figé, cette philosophie s’applique à tout chez elle. Poser pour la galerie, très peu pour elle. Ce n’est tout simplement pas dans sa nature. Lors du repérage, elle nous avait prévenus: «J’ai beaucoup de pièces vintage Chanel, Dior, Saint Laurent.» Mais sa silhouette fétiche du moment, c’est un ensemble cuir signé Rick Owens. Noir, comme il se doit.

Je le porte tout le temps, en toute occasion

dit-elle en enfilant le blouson empruntant le zip d’un perfecto sur un col aux lignes coupées en apesanteur. Une allure qui lui va comme un gant. Plus que tout, Marietta aime la vie. Ainsi, quand cette dernière lui réserve de sales tours, elle préfère la fêter. Pour y parvenir, elle suit à la lettre les conseils d’un médecin chinois qu’elle avait rencontré. A savoir, chanter à haute voix une chanson qu’il lui avait transcrite
phonétiquement et danser. Posologie? Au moins chaque jour, pour mieux embrasser l’existence.