LEK_6077_Dressing_Elvira

11. Sep 2017

TEXTE DE

Francesca Serra

PHOTOGRAPHIE DE

Lea Kloos

Dans le dressing d’Elvira

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La jeune femme d’origine russe s’est imposée dans le monde de la mode grâce à son blog ElviraAbasova. Elle nous ouvre son dressing!

Galerie

Avec ses yeux à la fois pétillants et timides, Elvira, ravissante blogueuse, nous accueille dans l’appartement qu’elle partage avec son amoureux, Charles, juste avant leur départ pour New York, invités par la marque Bobby Brown. «C’est notre première invitation aux Etats-Unis», s’enthousiasme-t-elle en laissant passer un éclair dans son regard qui redevient aussitôt paisible. Inséparable depuis sept ans, ce couple mène le projet du blog therussiancode.com (rebaptisé ElviraAbasova.com)  en parfaite symbiose. Charles, armé de son appareil Canon, immortalise tous les looks d’Elvira. Ensemble, ils parcourent désormais l’Europe pour les rendez-vous mode qui les amènent le plus souvent à Paris, à Milan et à Zurich. Il leur a cependant fallu du temps pour gagner cette reconnaissance. «Il y a toujours un résultat si l’investissement qu’on y met est conséquent, précise Charles. Notre blog a véritablement décollé après quatre ans et demi.»
Elvira a 17 ans et Charles 22 au moment où ils débutent, avec les moyens du bord. En éclatant de rire, ils racontent leur premier pèlerinage à la Fashion Week parisienne, se postant pendant des heures aux Tuileries en attendant que quelque chose se passe. «Ensuite, on a commencé à nous prendre en photo à l’entrée des défilés.»

«Je suis capable d’attendre, pour comprendre s’il s’agit d’un coup de cœur. Je n’achète que si je suis vraiment hantée.»

En juillet dernier, Elvira et Charles ont été invités au défilé haute couture automne-hiver de Chanel, pour lequel, sous la nef du Grand Palais, une tour Eiffel a été reconstituée. «C’était magique! J’ai toujours rêvé de Paris depuis mon enfance en Russie, où l’image de la ville parisienne est depuis toujours ancrée dans l’imaginaire collectif.» 
Elvira Abasova est née en 1994 dans un village très modeste près de Saint-Pétersbourg, la «Venise du Nord», avant de déménager en Suisse avec sa mère, à l’âge de 7 ans. Là-bas, la mode s’observe moins dans la rue qu’elle se laisse rêver à la télé. La Russie entière a les yeux rivés sur l’écran pour regarder, sur la chaîne nationale, l’émission Le verdict de la mode et assister aux miracles de la relookeuse Evelina Khromtchenko qui métamorphose des gens ordinaires. Toute petite, Elvira est subjuguée par les avis tranchés de cette prêtresse du style et c’est peut-être pour cette raison qu’elle ne connaît pas l’hésitation. «Lorsque je passe le seuil d’une boutique, je reconnais rapidement les tenues qui me parlent. J’achète peu, mais de qualité. Une fois que mon œil a été attiré par une pièce, je suis capable d’attendre, pour comprendre s’il s’agit d’un coup de cœur. Je n’achète que si je suis vraiment hantée.» Si depuis toujours elle aime les matières précieuses comme la soie et a un faible pour la couleur rouge, son style a évolué au gré du temps. «C’est en puisant dans le ves-tiaire de ma mère, une vraie caverne d’Ali Baba, que j’ai fait mes premiers exercices de style. Ses habits étaient de qualité mais souvent leur coupe n’était pas très actuelle, du coup j’ai appris à me les approprier en les mélangeant avec d’autres pièces. La partie la plus amusante, qui est d’ailleurs appréciée par les marques, consiste à jouer avec les habits.»