sans titre, 1985
encre de Chine et aquarelle sur papier, 38 x 56,5 cm. Photo: Claudine Garcia, (AN)
Collection de l’Art Brut, Lausanne

15. Feb 2017

TEXTE DE

Estelle Lucien

PHOTOGRAPHIE DE

Claudine Garcia, Collection de l’Art Brut, Lausanne

Les guipures d’Henriette Zéphir

  • Partager

Le musée de l’Art Brut à Lausanne présente la première exposition monographique consacrée à l’artiste Henriette Zéphir, qui s’est mise à quarante ans à dessiner sous l’influence, celle de Don Carlos son “guide”.

Galerie

En mai 1961, Henriette Zéphir, mère de deux enfants, séparée de son époux Paul Zéphir, se met à dessiner. Elle a quarante et un ans. Et c’est Don Carlos, “son guide” qui lui intime l’ordre de remplir un cahier entier de traits et de signes. A l’aide d’un crayon, elle s’exécute, sept jours durant, à ce qu’elle comprendra plus tard comme un “apprentissage initiatique”.  Dès ce moment, Henriette Zéphir réalise des dessins à la mine de plomb, au stylo à bille ou à la plume et ce jusqu’à la fin de sa vie. Elle ne s’est pas considérée comme une artiste, mais comme un médium, un canal par lequel passent les énergies, travaillant parfois plus de dix heures par jour. Elle est apparentée aux créateurs d’Art Brut spirites auxquels Jean Dubuffet, créateur de la Collection de l’Art brut, s’est intéressé dès les années 1960. Il a rendu visite à Henriette Zéphir, alors installée à Nice,  lui achetant vingt dessins en février 1966, puis une œuvre supplémentaire deux ans plus tard. En 2016, grâce à la donation de Renée et Pierre Zéphir, les enfants d’Henriette, l’ensemble du corpus appartenant à la Collection de l’Art Brut s’enrichit de dix nouvelles compositions, dont certaines réalisées peu avant la mort d’Henriette Zéphir en 2012 à Castres dans le Tarn où elle avait décidé de vivre dès 1982, auprès de sa sœur. L’exposition Lausannoise montre pour la première fois cet ensemble complété d’œuvres prêtées par la famille.

Pour décrire le style de Henriette Zéphir, Jean Dubuffet parlait «guipures», nom donné à une dentelle sans fond, et aux mailles larges. Alain Bouillet, auteur d’un texte pour la publication accompagnant l’exposition, les décrit ainsi: «ensembles finement ouvragés, résilles de lacis, nuées de volutes tentaculaires irisées, de flammes éruptives protubérantes, de cosmogonies à l’état natif délivrées sous l’apparence de “broderies”… ».

Jusqu’au 30 avril, Collection de l’Art Brut, Av. des Bergières 11 , 1004 Lausanne, www.artbrut.ch, tél. +41 21 315 25 70