13. Sep 2018

TEXTE DE

Francesca Serra

Musique: Tresque parfait

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Tresque aka D’incise est un artiste discret et hyperactif qui évolue depuis plus de dix ans sur la scène romande. Le Suisse a puisé dans les archives musicales du Musée d’ethnographie pour un live inédit à Mos Espa. 

Tresque aka D’incise

Désignant une danse médiévale tombée dans l’oubli, Tresque est le nom emprunté par un artiste genevois aux multiples talents. Connu sous le nom D’Incise, il nourrit de sa sève musicale plusieurs formations comme Diatribes, avec le percussionniste Cyril Bondi, ou le grand ensemble Insub Meta Orchestra, réunissant une cinquantaine de musiciens autour de la question de l’improvisation à géométrie variable. S’il s’épanouit aussi bien dans la musique électroacoustique que dans la composition, Tresque est son projet le plus accessible, qui marque un retour à une musique électronique dansante.

A l’aise dans la manipulation de sons concrets et de modules électroniques, cet artiste porte avec lui un joli bagage d’expériences et d’influences. Admiratif de Pierre Henry, père de la musique concrète, et du duo Autechre, pionnier de l’electronica, Tresque a été bercé par le jazz et les musiques extra-européennes, mais ce sont les sons du dub jamaïcain qui ont formé son penchant de bricoleur musical, débutant avec son propre sound system et trafiquant au milieu de câbles et de boutons.

VAI ET VEM
sorti en juin 2018, cet opus se compose de cinq pistes hypnotiques et contemplatives.

Voyageant du Japon au Chili, des Balkans au Portugal, son dernier opus, Vai et vem, vient célébrer un ailleurs qui est autant géographique que temporel. Les traditions «en tant qu’antithèse du folklore, figé et orthodoxe», alimentent ses recherches qui débouchent volontiers sur un son minimal et répétitif, ode aux pulsations essentielles. Pour l’édition 2018 du festival Mos Espa dédié aux transes du vaudou haïtien, l’artiste à présenté une nouvelle composition en plongeant dans les archives internationales de musique populaire du MEG, un patrimoine ethnomusicologique rassemblant un total de 16 000 heures d’enregistrements !