25. Jun 2018

TEXT VON

Francesca Serra

FOTOGRAFIEN VON

Mehdi Benkler

MUSIQUE: dans la nuit de Billie Bird

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Avant l’arrivée de son prochain album, Billie Bird nous fait goûter à La nuit, un EP tubesque imbibé de passion et d’eau de mer. 

Quatre ans après l’EP qui l’avait fait connaître, Billie Bird dévoile un avant-goût de l’album qui sortira l’automne prochain. Elle le fait à travers quatre morceaux pêchus qui amènent quelques nouveautés dans les registres abordés par la compositrice et interprète vaudoise.

D’abord l’instrumentation se révèle plus complexe, la batterie fait notamment son entrée ajoutant plus de groove à l’univers intimiste de la chanteuse folk. Farouche et magnétique, Billie Bird abandonne la langue de Shakespeare pour retourner à la langue française. Si l’anglais permettait une certaine distance, ici elle trouve une nouvelle façon de se dévoiler et de nous livrer quelques pépites de poésie. «De l’aube jusqu’au point du jour la mer me tend le bras, j’ai regardé longtemps les flots des allers-retours, le ressac qui apaise et qui malmène tour à tour», ensorcelle notre Calypso locale dans Ressac.

Billie Bird nous avoue sa fascination pour la mer qu’elle nourrit d’histoires qui l’amènent au large telles que Les déferlantes de Claudie Gallay, Les marins perdus de Jean-Claude Izzo et bien évidemment Le vieil homme et la mer d’Hemingway. Elle arrive donc à nous bercer avec ce titre chaloupant, dont les riffs de guitare pétillent délicieusement comme un Tiki sur la langue. En contrepoids parfait se place le morceau Désir noir, qui nous fait sombrer dans les affres d’une passion dévorante.

Ode magique à la nuit, le titre qui donne le nom à l’EP nous parle de la nuit comme un moment de basculement, un entre-deux qui peut ravir et affoler. «C’est un lieu de dualité totale, de liberté liée à une certaine opacité», nous confie l’artiste qui fera prochainement étape au Festi’Cheyres le 7 juillet et au Zelig de Lausanne le 23 août prochain.