12. Mar 2018

TEXT VON

Francesca Serra

FOTOGRAFIEN VON

Thomas Cortay

Premier album pour The Green Flamingos

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Avec son premier album, The Southern Oracle, le groupe genevois The Green Flamingos détonne avec sa galactique psycho pop. 

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Le titre de leur album fait référence à L’histoire sans fin et plus précisément au passage où Atreyu interroge l’Oracle du Sud pour sauver le Pays Merveilleux. Clin d’œil à leur enfance et aux ambiances oniriques de ce film mythique des années 80, le nom de cet opus recèle des sonorités qui correspondent au parcours des cinq membres. Tommaso Soave, aux claviers, vient de la musique électronique expérimentale, la chanteuse, Yoanna Claquin, de la soul et du R’n’B et le guitariste, Julien Garric, du garage rock. Les deux mélomanes Mathieu Evequoz, à la basse, et Thomas Abbet, à la batterie, complètent cet alliage savoureux.

Après un premier EP composé de cinq morceaux sorti en 2015, le groupe revient en force avec cet album imbibé de sonorités sixties qui a été enregistré, mixé et mastérisé dans le studio analogique Back to Mono Records, à Lyon, histoire de parfaire sa teinte rétro. Si la puissance pop du flamingo, volatile symbole de l’increvable insouciance de l’été, se teint de vert, c’est pour y inviter le psychédélisme. Les membres du groupe évoquent une «exploration des visions hallucinées et des rêveries lunaires sans possible retour sur Terre», mais au lieu d’un égarement, nous retrouvons un dosage calibré. L’inspiration rétro génère un son frais et pétillant, les variations proposées ne tombent jamais dans le piège de la surcharge et l’auditeur peut paisiblement naviguer entre les ambiances multicolores.

Parmi les morceaux les plus réussis, on classe indubitablement le tube The Rush Kicks In et l’entraînant Rome Is Burning avec sa marche inexorable qui rend le solo de basse d’une sensualité extrême. The Green Flamingos compilent les pépites en s’abandonnant à une ballade romantique avec The Last Sinner qui s’ouvre avec une magnifique intro ou en nous faisant graviter avec le cosmique Beware, dont l’orgue fait parfois penser aux Doors. Comme Béatrice dans la Divine comédie, c’est la voix de velours de Yoanna qui nous guide à travers les joies célestes du paradis.