03. May 2018

TEXT VON

Vanessa Kim

Erdem & Nars se lancent des fleurs

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Erdem et Nars unis pour une collection de maquillage ultra printanière appelée Strange Flowers Collection, disponible dès maintenant. L’occasion pour Bolero de s’entretenir avec le designer Erdem Moralioğlu. 

Galerie

Erdem Moralioglu, fondateur de la marque Erdem, en 2005

Dans vos vêtements, les imprimés floraux sont omniprésents. Avez-vous la main verte?

N’exagérons rien. Je dois avouer que certaines de mes tentatives de jardinage se soldent par des échecs. Dans mon jardin, à Londres, fleurissent tout de même des roses. Ce sont mes fleurs préférées avec les anémones.

Votre première collection de maquillage s’appelle Strange Flowers. Or nous avons sous les yeux des boîtes d’un tendre pastel menthe, ornées de motifs floraux. Qu’y a-t-il d’étrange là-dedans?

D’une fleur émane de la beauté, certes, mais aussi une certaine dangerosité de par ses ombres et ses textures. Je voulais rendre compte de ces deux facettes dans ma ligne de maquillage. Et je trouve que j’y suis parvenu. J’ai créé de nouvelles couleurs, mais aussi de nouveaux produits. Comme une poudre à lèvres et le crayon illuminateur polyvalent d’un ton lavande chatoyant.

Quel produit préférez-vous?

Si je devais choisir, je dirais la palette de poudres à lèvres Poison Rose. Elle est très agréable à porter.

Vous avez cousu votre première robe pour la Barbie de votre sœur. Êtes-vous proches l’un de l’autre?

Très proches, nous sommes jumeaux. Sara est une femme merveilleuse. C’est elle qui m’a inspiré mes papiers matifiants Blotting Papers. Je me souviens très bien qu’elle et ses amies utilisaient, au lycée, une sorte de buvard pour que leur visage ne brille pas.

Quelles ont été vos autres sources d’inspiration pour cette ligne?

Deux souvenirs d’enfance m’ont marqué: ma mère qui se met du rouge à lèvres devant le miroir et une photo de l’actrice américaine Molly Ringwald, sur laquelle elle porte un manteau à fleurs et sur la tête de luxueux bijoux ornés d’éléments floraux.

Quelle différence y a-t-il entre créer des vêtements et des cosmétiques?

La phase de développement! Celle-ci a duré plusieurs années pour ma ligne de maquillage. C’est génial lorsqu’on a le temps d’aller au fond de chaque chose. Dans la mode, il faut prendre des décisions rapides comme l’éclair.

A la Fashion Week, chaque collection s’accompagne d’un look beauté. Comment procédez-vous?

Lorsque je me mets à dessiner, j’ai en tête l’image d’une femme imaginaire. Je me représente la façon dont elle bouge, ce qu’elle porte et comment elle se maquille. Depuis quelques années, c’est la make-up artist britannique Val Garland qui réalise mes maquillages. C’est elle qui maquille en coulisses pour Nars. Avant le défilé, nous parcourons chacune de mes créations et en discutons tous les aspects.

Vous n’avez pas encore de parfum dans votre ligne. A quoi ressemblerait-il?

Je ne sais pas exactement… J’aime l’eau de toilette florale de la marque anglaise OdeJo (ndlr: Jo Levin, l’ancienne directrice artistique mode du magazine pour hommes «GQ», a lancé son premier parfum en 2016) et les créations d’Hermès.