26. Jun 2018

TEXT VON

Estelle Lucien

TRANSFORME met la scène montante du hip hop au top

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Le hip hop a désormais aussi son festival. Genève accueille pour la première fois, Transforme, un évènement unique et nouveau qui présente le meilleur de la scène montante du hip-hop et du rap avec des artistes internationaux, et locaux. Découvrez ici les hot points du programme en image, mais aussi comment la manifestation a vu le jour, avec un double but, s’amuser, et apprendre! En mai dernier nous avons rencontré les initiateurs de cette folle idée, parrainée par Antigel. 

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Eric Linder s’ennuie-t-il l’été? L’homme rigole, et s’enthousiasme. Musicien (Polar est son nom d’artiste), créateur et codirecteur du festival Antigel qui depuis huit éditions sort Genève et environs de l’hibernation, cet hypercréatif s’est quand même trouvé une belle occupation estivale: le parrainage. Le poulain s’appelle Transforme. C’est un festival, donc, et il se tiendra les 28 et 29 juin à Genève. Stéphanie Cariage, présidente de l’association Antidote, en est la cheffe de projet. Et celui-ci tient de la page blanche: «Il n’y a pas d’exemple, tout doit être créé de toutes pièces. Pour la première fois, à l’aspect purement culturel d’un événement, on ajoute une dimension sociale», explique-t-elle. Transforme s’adresse aux 15-25 ans, se dédie aux cultures de ville, avec une programmation musicale centrée sur les avant-postes des musiques urbaines comme le hip-hop, et compte sur une communication snapchatienne lardée de hashtags, de smileys et délivrée en stories tous azimuts. Jusque-là, rien d’absolument innovant, excepté le fait que la Cité de Calvin a en effet très peu ou pas d’événements consacrés au hip-hop ou au rap. Ce qui est en revanche très neuf et inédit, c’est que Transforme sert une cause: la promotion et la valorisation de l’apprentissage. «On est à cheval entre deux mondes et deux domaines», souligne encore la cheffe de projet, qui peut compter sur l’appui et l’expérience d’Antigel, dont Antidote est d’ailleurs directement issue. «C’est un peu comme un spin-off», explique Stéphanie sous l’œil brillant d’Eric Linder, plutôt content de la chose. «C’est un plaisir de voir des gens porter un projet comme on l’a fait avec Antigel. J’adore l’idée qu’on soit incubateur.»


STÉPHANIE CARIAGE ET ÉRIC LINDER La présidente d’Antidote et le créateur d’Antigel

Ce qu’il adore aussi, c’est le lieu qui accueillera Transforme: le Centre de formation professionnelle construction (CFPC), anciennement Cepta, et encore plus anciennement Cepia. «Cet endroit est dingue! Architecturalement insolite, avec ses trois tours de métal et d’acier. En le regardant, on a l’impression d’être ailleurs, comme dans un faubourg de New York.» C’est en courant au bord du Rhône – Eric Linder est un joggeur émérite, un accident de vélomoteur a eu raison d’une carrière d’athlète – qu’il a remarqué ce bâtiment planté à la frontière entre la végétation abondante des berges du fleuve et une zone urbaine dense. Il a tout de suite repéré les avantages de cette bâtisse industrielle. «Quand on organise un événement en été, il faut toujours penser à une chose: la pluie!» Or, entre les trois bâtiments qui composent le CFPC se déploient de grands et hauts espaces couverts. Une aubaine qui s’ajoute à un autre avantage. «Tous les murs sont déjà couverts de tags, c’est le décor idéal pour un festival de cultures urbaines.» Le choix de se centrer sur le hip-hop est évident. «Les artistes de hip-hop sont de nos jours d’énormes stars», s’enthousiasme Eric Linder. Sans dévoiler encore le menu de cette première édition, les organisateurs promettent une belle affiche. Mais aussi un espace pour la scène émergente et des concours pour des artistes du cru.

Dans Transforme, il y a aussi «transmettre»

Renverser le point de vue est une des promesses annoncées de Transforme, qui dans son nom même porte cette idée de chambouler les visions, bousculer les a priori. Les métiers de la construction souffrent d’une mauvaise image, tout comme l’apprentissage, particulièrement à Genève. «Ailleurs en Suisse, les jeunes choisissent l’apprentissage par vocation alors qu’ici c’est par élimination», constate Stéphanie Cariage. En réalité, l’apprenti est une denrée rare, à en croire les entreprises, particulièrement dans le domaine du bâtiment. Celles-ci n’ont d’ailleurs pas tergiversé pour soutenir Transforme. Autre partenaire de premier ordre, le Département de l’instruction publique, profs et bien sûr élèves. Chaque domaine du festival, décor, programmation, restauration, communication, va intégrer des apprentis et leurs enseignants.

«Dans Transforme, il y a aussi «transmettre»! L’idée de la passation est présente à tous les niveaux, insiste Eric Linder. C’est essentiel, on m’a aussi donné un jour la chance de programmer. C’est important de ne pas oublier ça!»

Transforme, les 28 et 29 juin,Genève

festival-transforme.ch.